La Sélection du jour | Censure à tous les étages, mais la résistance prend corps ! (n°1319)
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Société

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Censure à tous les étages, mais la résistance prend corps !

Par Philippe Oswald - Publié le 05 juillet 2021

La liberté d’expression semblait intouchable dans les pays occidentaux. Or la voici menacée par des groupes de pression qui prétendent imposer leurs « valeurs » libertaires à toute la société en muselant les opposants. La censure sévit à tous les niveaux : Etat, université, organisations internationales (ONU, UE), plateformes numériques (GAFAM), médias…Mais l’opinion publique prend conscience du danger de la « pensée unique » et se rebiffe.

Censure à l’université - mais l’université, en France, c’est l’Etat ! C’est à la Sorbonne et à Nanterre qu’ont été enseignées dans les années soixante les théories marxisantes, libertaires et « déconstruivistes » (Sartre, Marcuse, Althusser, Deleuze, Guattari, Derrida etc.) qui nous reviennent aujourd’hui d’Outre-Atlantique avec le « gender », les LGBT, la « cancel culture » qui voudrait « annuler » le passé « genré », « racisé », « colonial » … et interdire de penser autrement. Résultat : des enseignants et conférenciers empêchés de s’exprimer, et d’absurdes oukases frappant des spectacles aussi éprouvés que la pièce d’Eschyle « Les Suppliantes » (Ve siècle av. J.-C.), censurée pour « racisme » à la Sorbonne (mars 2019) ! De quoi émouvoir, même au Quartier Latin !

Censure d’Etat : la loi Avia « contre la haine en ligne » du 24 juin 2020, consacrait le triomphe des algorithmes, autrement dit des poids lourds du Web, sur la liberté d’expression. Triomphe de courte durée : cette loi votée à la sauvette en plein état d’urgence sanitaire, a été…censurée dans la foulée par le Conseil constitutionnel. En cause : l’obligation faite à l’opérateur, mais aussi la toute-puissance qui lui était ainsi accordée en dehors de toute décision judiciaire, de retirer des contenus, « qu'ils soient ou non manifestement illicites ».

Censure par les GAFAM : si la loi Avia a eu les ailes coupées en France, les hébergeurs américains, les fameux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) censurent selon leur bon plaisir. Des algorithmes, autrement dit des robots paramétrés par des opérateurs privés d’Outre-Atlantique, font la loi à la mode du Far West. Tout « post » suspect sur un sujet « sensible » (l’islam, l’immigration, les minorités, l’orientation sexuelle, les vaccins …) entraîne le blocage ou la prompte disparition de la publication, voire l’exclusion temporaire ou définitive du contrevenant. Le paramétrage de ces robots censeurs trahit la complicité des poids lourds du Web avec certains lobbies pour bâillonner toute opinion « incorrecte ».  

Connivence Etat/GAFAM : les déboires de la loi Avia n’ont pas dissuadé le gouvernement de s’appuyer sur la toute-puissance bien-pensante des GAFAM pour mettre au pas l’opinion publique qui a le front de s’exprimer via les réseaux sociaux. En octobre dernier, deux jours après la décapitation de Samuel Paty par un islamiste (16 octobre 2020), Emmanuel désignait les coupables : les réseaux sociaux ! Deux jours plus tard (20 octobre), les patrons France de Facebook, Twitter, Google, Tiktok et Snapchat étaient théâtralement convoqués par la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa. Une attitude typique du « en même temps » macronien : pointer la responsabilité des GAFAM dans un attentat terroriste pour en dédouaner l’Etat, tout en comptant sur eux pour renforcer le « politiquement correct ».

Censure par l’UE : la Commission européenne concocte actuellement deux législations jumelles : le Digital Markets Act (DMA), chargé de réguler les marchés numériques, et le Digital Services Act (DSA), chargé de modérer leur contenu. Si les terroristes islamiques s’en moquent, les défenseurs de la liberté d’expression peuvent s’en inquiéter. Quant aux géants du numérique, ils sont certainement plus préoccupés par les accusations de parti-pris qui les visent aux Etats-Unis que par les projets de l’Union européenne. Déjà la France, l’Allemagne et les Pays-Bas estiment que les textes « ne vont pas assez loin ». D’ici à ce que les Vingt-Sept se mettent d’accord, l’eau aura coulé sous les ponts. 

Censure des médias via la pub : les médias qui s’affranchissent de la « doxa » gauchiste et libertaire, sont soumis à un tir groupé. La chaîne Cnews, dont l’audience ne cesse de croître, et l’hebdomadaire de droite « Valeurs actuelles » subissent depuis des mois des attaques répétées sur les réseaux sociaux du collectif « Sleeping Giants » (financé par le milliardaire américain Soros) pressant ses annonceurs de leur couper les vivres. Cnews et « Valeurs actuelles » ont déposé plainte contre ce collectif (cf.vidéo en lien ci-dessous).

Censure dans l’édition. L’éditeur Albin-Michel vient de décider de ne plus éditer Éric Zemmour. Aussitôt, un autre auteur à gros tirage de la maison, Philippe de Villiers, a annoncé son départ par solidarité avec Zemmour.

L’opinion publique se « droitise », disent les sondeurs. Les médias et les éditeurs accrochés à la bien-pensance qui règne sur la culture depuis un demi-siècle, pourraient bien en faire les frais.


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