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Société

La synthèse

Black blocs, les enfants de Notre-Dame des Landes

Par Judikael Hirel - Publié le 18 mai 2019

Ils détruisent tout sur leur passage, contribuent à discréditer par la violence les manifestations auxquelles ils se greffent. Ces six derniers mois, les "black blocs" ont littéralement ruiné l’image des manifestations parisiennes des Gilets Jaunes, sans pour autant que leurs membres ne soient largement interpellés par les forces de l’ordre. Au-delà d’un certain soutien implicite de certains manifestants à leur violence, et d’une volonté de pourrissement de la part du gouvernement, les Black blocs s’invitent en toute impunité, chaque samedi, dans nos rues. Mais d’où sortent-ils et que veulent-ils ?

La violence d’extrême-gauche est tout sauf une nouveauté. Il y a pile 50 ans, en Mai 68, les voitures brûlaient et les pavés volaient déjà contre les policiers, l’état, la bourgeoisie, la société…. Mais qui se cache derrière les cagoules noires des Black blocs , dont les actes de vandalisme ont coûté 200 millions d'euros à l'État ? Avec eux, à la différence des bolchéviques de jadis, s’ils se vivent comme une avant-garde révolutionnaire, pas question d’adhésion, de carte de membre, de hiérarchie, d’association structurée pouvant être dissoute. Dans le même esprit que les anarchistes Français de la fin du XIXe siècle, ils prônent l’action directe, la radicalisation des luttes sociales, cultivant la violence et la destruction sans pour l’instant aller jusqu’à commettre des attentats.

L’expression est née en Allemagne au début des années 90,
avec les Schwarzer Block. Puis le mouvement s’est poursuivi au fil des ans, s’invitant à chaque grand sommet international. Car ces "black blocs" qui veulent mettre à bas le capitalisme voyagent, se retrouvent, traversent les frontières et s’organisent via les réseaux sociaux. Ils n’ont pas d’ouvrage de référence, pas de média d’expression, pas de visage. Leur seule idéologie commune est de ne pas chercher à prendre le pouvoir, pas encore, mais de radicaliser peu à peu les rapports sociaux dans l’affrontement, de recruter parmi celles et ceux désormais convaincus que les sages défilés syndicats ne changeront rien. Leur vague idéologie libertaire et anarchiste ne les empêche pas pour autant de porter baskets,sacs et blousons des plus grandes marques : on peut être bourgeois la semaine et révolutionnaire le samedi. Sous les cagoules, si on les interpellait, nous aurions sans doute des surprises quand à leur identité, leur origine, leur vie professionnelle…

Depuis le succès du combat de la ZAD (Zone à Défendre) de Notre-Dame-des-Landes, trait d’union symbolique entre Black Blocs et Zadistes, ce combat anticapitaliste tourne désormais au style de vie. Dans leurs zones autonomes, ces militants d’extrême gauche adeptes de l’ultra-violence peuvent ainsi se retrouver autour d’une cause commune, et se former pour leurs prochains affrontements. Demain, aujourd’hui déjà, les fils et filles de Notre-Dame-des-Landes nous préparent une société à leur image : sectaire, radicale et ultra-violente.


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