La Sélection du jour | Avortement : L’enseignement pro-vie frappé d’interdit à l’Université catholique de Louvain (n°29)
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Bioéthique

La synthèse

L’enseignement pro-vie frappé d’interdit à l’Université catholique de Louvain

Par Olivier Bonnassies - Publié le 30 mars 2017

Une lettre ouverte dans le quotidien belge Le Soir de deux professeurs émérites de l’Université catholique de Louvain (UCL) qui défendent un collègue montre la pesanteur liberticide du tabou de l’avortement.

C’est à la fois la liberté académique et la liberté d’expression qui viennent d’être bafouées par la suspension du cours de philosophie de Stéphane Mercier et par la procédure disciplinaire engagée à son encontre.

Les faits : devant les étudiants de la Faculté des sciences appliquées, Stéphane Mercier a abordé la problématique de l’avortement. Il a proposé une argumentation éthique selon laquelle l’embryon humain est une personne dès la conception. Et qu’en conséquence, tuer cette personne devrait être illégal (NB une loi de 1990 dépénalise l’avortement sous certaines conditions en Belgique).

Cette conclusion logique et conforme à l’enseignement de l’Eglise catholique rappelé par tous les derniers papes (Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, le pape François) a pourtant valu à Stéphane Mercier les foudres des autorités de l’UCL. Pour justifier leur décision, les autorités de l’UCL font valoir que cet enseignement serait « en contradiction avec les valeurs portées par l’Université » (communiqué de presse du 21 mars).

C’est ce point que contestent les deux professeurs émérites de l’UCL qui défendent Stéphane Mercier. Jean Bricmont, « athée et pro-choix » et Michel Ghins, « catholique et pro-vie » demandent qu’aucune sanction ne soit prise à l’égard de Stéphane Mercier et « qu’en accord avec les valeurs défendues par l’UCL, l’expression de tout point de vue concernant la problématique de l’avortement y soit autorisée. » Ils démontrent en effet que non seulement rien dans les « valeurs » de l’UCL  (« l’ouverture aux autres et à la différence, la solidarité, la liberté et le respect ») ne justifie une sanction mais qu’au contraire, la charte de l’UCL se réclame « de la liberté académique, inscrite dans la Constitution, c’est-à-dire la liberté de pensée dans la recherche d’une vérité construite scientifiquement et non soumise à la norme du moment. »

Ils concluent  en s’inquiétant de « l’émergence à l’UCL d’une sorte de néo-cléricalisme de la bien-pensance politiquement correcte, d’une forme de nouvelle police de la pensée qui frapperait les positions minoritaires lorsqu’elles sont prises à partie par les médias et qu’elles sont susceptibles de heurter une majorité de l’opinion.  L’Université doit rester un lieu de pensée libre et de débats ouverts. S’il est permis à juste titre de critiquer les positions de l’Eglise catholique à l’UCL, il serait pour le moins paradoxal, dans une Université qui porte le nom de catholique, d’interdire que certains académiques développent des argumentations philosophiques qui sont conformes au catholicisme. »

Cette affaire pose aussi la question de l’identité catholique d’écoles et d’universités qui portent encore cette étiquette alors que l’enseignement catholique y est contredit, voire interdit !


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