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Politique

La synthèse

Après le grand débat, Macron est dos au mur

Par Philippe Oswald - Publié le 09 avril 2019

Euréka ! Au bout de cinq mois de manifestations et trois mois de « grand débat », le premier ministre a révélé que la crise venait de « l’exaspération fiscale » … A entendre la synthèse des contributions présentée le 8 avril par Edouard Philippe, la baisse d’impôts serait donc la mère de toutes les réformes. Mais, a ajouté le premier ministre, « les Français ont aussi compris avec beaucoup de maturité […] qu’on ne peut pas baisser les impôts si on ne baisse pas la dépense publique ». Seconde révélation n’exigeant sans doute pas tant de « maturité », ni d’avoir fait l’ENA pour être comprise. Toutefois, soyons juste : au-delà de la fiscalité, il s’agit de remettre en route « un pays où l’on ne se voit plus, où l’on ne se parle plus » a souligné Edouard Philippe.

Encore faudrait-il que le gouvernement donne le bon exemple de la concertation ! Chacun dans la majorité y est allé de sa solution pour baisser la dépense publique, certains n’hésitant pas à en remettre une couche sur la fiscalité, au grand dam d’Edouard Philippe, de Bruno Lemaire et de Gérald Darmanin. Dans une rare unanimité, les ministres des finances et du budget sont aussi montés aux créneaux pour qu’on ne creuse pas davantage l’endettement du pays. Mais après le concours Lépine de la fiscalité, comme pour embrouiller à plaisir la situation, Agnès Buzyn, ministre de la Santé s’exprimant « à titre personnel », puis la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, ont envoyé des ballons d’essai contradictoires sur l'âge minimal de départ à la retraite, un des rares leviers pour dégager des économies.

Il reviendra au président de la République de présenter aux Français la potion magique pour, a-t-il promis, « renouveler le projet national ». Non seulement l’équation est complexe, mais il n’est pas sûr qu’elle satisfasse les « gilets jaunes » : le ras-le-bol fiscal émerge bien davantage dans les doléances du grand débat que dans les multiples revendications des « gilets jaunes » dont on peut être certain, en revanche, qu’ils goûteraient fort peu un quelconque allongement de la durée légale de travail... Par conséquent, rien n’assure que les manifestations ne connaîtront pas une nouvelle flambée une fois qu’Emmanuel Macron se sera exprimé. Quand donc, au fait ? « Quand le président sera prêt » annonce-t-on prudemment à l’Elysée. On a le sentiment que Macron est dos au mur…et les Français, nolens, volens, avec lui. 


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