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Politique

La synthèse

Agriculture : en finir avec la PAC ?

Par Philippe Oswald - Publié le 30 novembre 2017

La Politique Agricole Commune (PAC) ne protège plus l’agriculture européenne, ni les paysans français. Le revenu des agriculteurs n'a jamais été aussi bas en France : l’an dernier, 20% ne pouvaient pas se verser de salaires et 30% touchaient à peine 350 euros par mois. Le nombre de faillite a progressé de 3,8% en un an et les cas de suicide se sont multipliés. Quant à la réforme de la PAC annoncée par la Commission européenne pour la période 2020-2027, elle ne rassure pas la majorité de nos paysans qui craignent de nouvelles distorsions de concurrence.

Pour Mario P ?, qui s’exprime incognito sur le site de l’Institut de recherches économiques et fiscales (IREF), un « think tank » européen qui milite pour la liberté économique et la concurrence fiscale, il ne s’agit plus de réformer mais « de faire exploser la PAC ».

Ses arguments :

-La PAC distribue 45 milliards d’euros de subventions chaque année aux agriculteurs européens théoriquement pour leur assurer un revenu correct tout en maintenant la stabilité de l’agriculture européenne. Mais en réalité cette politique, insatisfaisante pour les paysans (qui, misérables ou non, sont humiliés d’être assistés), pousse à la surproduction, accapare 35% du budget global de l’UE, et étouffe les économies innovantes.

-La PAC souffre selon lui d’un problème intrinsèque : son protectionnisme. Les barrières dressées par l’UE nuisent au marché intérieur et au marché mondial : elles bloquent l’entrée du marché européen à des producteurs de pays en voie de développement, tandis que les subventions aux agriculteurs européens entraînent des réactions en chaîne comme la surproduction de produits qui sont ensuite bradés à des prix inférieurs au marché. Le dumping des excédents et les tarifs pénalisent les pays pauvres mais aussi, sur le marché intérieur, les consommateurs européens les plus pauvres contraints de payer les produits de l’agriculture jusqu’à 17% plus cher que sur le marché mondial.  

-Son contre-exemple : la Nouvelle Zélande, une économie agricole où le marché libre fonctionne bien, sans subventions, ni coups de pouce de l’Etat.


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