Partager
International

La synthèse

Afrique du Sud : la valise ou le cercueil pour les fermiers blancs

Par Philippe Oswald - Publié le 04 juin 2019

Annette Kennealy, 51 ans, une activiste engagée dans la défense des fermiers blancs en Afrique du Sud, a été massacrée chez elle à coups de marteau et de barre de fer dans la nuit du 20 au 21 mai dernier.  Son assassinat est symptomatique du pic d’attaques qu’elle dénonçait : les agressions contre les fermiers blancs, souvent descendants des Afrikaners (colons d'origine néerlandaise, française, allemande ou scandinave), ont bondi de 25% l'an passé. Depuis le mois de janvier, 126 agressions ont entraîné la mort de 16 personnes. Au total, depuis la fin de l’apartheid en 1994, plus de 3000 fermiers blancs -hommes, femmes, enfants- auraient été assassinés en Afrique du Sud souvent après avoir été torturés ou violés. L’insécurité est généralisée en Afrique du Sud, mais les fermiers blancs ont cinq à dix fois plus de risques de périr de mort violente que le reste de la population. « Stop au génocide blanc », crient dans les manifestations les membres d'AfriForum, une association engagée dans la défense des intérêts des Afrikaners. S’ils ont réussi à se faire entendre du président américain Trump, leur sort n’intéresse guère les dirigeants et les médias européens.

En Afrique du Sud, 72% des terres appartiennent encore aux Blancs qui représentent 9% de la population. En difficulté après des élections du 8 mai dont la campagne a largement tourné autour de la réforme agraire, l’African National Congress (ANC), toujours au pouvoir avec le gouvernement du président Cyril Ramaphosa, aurait l’intention d’amender la Constitution afin de pouvoir supprimer les indemnités compensatrices lors des expropriations. Par ailleurs, le président Ramaphosa (qui a succédé en décembre 2017 à Jacob Zuma, accusé de corruption), minimise les agressions subies par les Blancs. Il subit la pression de l’Economic freedom fighters (EFF) de Julius Maléma, un parti extrémiste et raciste dont les slogans sont « une balle, un blanc » ou « tuez les Boers » (les premiers colons hollandais dont sont issus nombre d’Afrikaners).

Cette flambée d’exactions a évidemment pour but de chasser ces fermiers blancs en procédant à un « nettoyage ethnique ». La peur d’être massacrés ou expropriés sans indemnité sur fond de réforme agraire a déjà fait son office : un million d’Afrikaners ont fui le pays depuis 25 ans. Ils sont de plus en plus nombreux à aller s’installer ailleurs sur le continent africain, ou en Australie, aux Etats-Unis et même en Russie ! Comme plusieurs pays d’Afrique (Mozambique, Congo Brazza, Zambie), la Russie offre gratuitement des terres de vastes superficies à ces fermiers particulièrement travailleurs et efficaces. Leur départ massif d’Afrique du Sud serait une catastrophe économique pour le pays, à l’instar de ce qui est arrivé au Zimbabwe présidé par Mugabe.


La sélection

Les dernières sélections

Pourquoi s'abonner à LSDJ ?

Vous êtes submergé d'informations ? Pas forcément utiles ? Pas le temps de tout suivre ?
Nous vous proposons une sélection pour aller plus loin, pour gagner du temps, pour ne rien rater.

 Sélectionner et synthétiser sont les seules réponses adaptées ! 

0€ si vous voulez, 20€ (conseillé), ou tout montant de votre choix.
Le paiement de mon abonnement permet à LSDJ de poursuivre la diffusion d'informations de qualité, d'assurer son indépendance, et de pérenniser son avenir.