La Sélection du jour | À quand toute la vérité sur l’immigration en France ? (n°717)
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À quand toute la vérité sur l’immigration en France ?

Par Philippe Oswald - Publié le 01 août 2019

Sujet tabou en France, l’immigration entretient toutes les peurs -lesquelles sont loin d’être forcément des fantasmes ! Toutefois, début juillet, ce voile opaque a été en partie levé lors d’une séance à l’Assemblée Nationale par France Stratégie, un organisme d’études et de prospectives auprès du Premier ministre, à l’occasion d’un rapport consacré à « l ’impact de l’immigration sur le marché du travail, les finances publiques et la croissance » . On est encore loin de la « transparence » sur les flux migratoires, mais il est tout de même écrit que « l’immigration est (…) passée de 7,3% de la population de la France en 1999 à 9,7% en 2018. » Au total, selon l’INSEE, le nombre d’immigrés, c’est-à-dire de personnes de nationalité étrangère à leur naissance, étrangers résidant en France ou bien naturalisés, a augmenté de plus d’un million depuis 2000.

Cette croissance de l’immigration et ses conséquences au cours des vingt dernières années sont décryptées, dans un entretien à Atlantico (en lien ci-dessous), par deux experts : Gérard-François Dumont, géographe, économiste et démographe, professeur à l'université à Paris IV-Sorbonne, président de la revue Population & Avenir, et Arnaud Lachaize, pseudonyme d’un haut fonctionnaire. Voici ce qui ressort principalement de leurs analyses :

Le solde migratoire annuel paraît faible et relativement stable (entre 39 000 et 115 000, selon les années) parce qu’il résulte de la comparaison de deux flux fondamentalement différents : les entrées sur le territoire et les sorties du territoire. Les premières sont principalement composées d’étrangers immigrés tandis que les secondes comprennent surtout des personnes de nationalité française qui quittent l’Hexagone pour travailler à l’étranger. En réalité, selon Eurostat (organisme statistique de la Commission européenne), le nombre d’immigrants annuels en France, de l’ordre de 300 000 depuis les années 2000, dépasse 360 000 depuis 2015. L’attractivité de la France, qui se mesure surtout par l’augmentation des demandes d’asile et par le regroupement familial, a bondi depuis le tour de vis pratiqué par d’autres pays d’Europe, et particulièrement par l’Allemagne. Outre-Rhin, après qu’Angela Merkel a ouvert les portes à 2,5 millions de migrants en 2015-2016, elles ont été brutalement fermées et ne sont pas près d’être rouvertes à cause des incivilités et des crimes, viols et meurtres, commis par des migrants (l’émotion des Allemands est actuellement à son comble parce qu’un Érythréen a jeté sous un train un petit garçon de 8 ans et sa mère dans la gare de Francfort). Résultat : la France enregistre depuis 2018 trois fois plus de demandes d’asile que l’Allemagne …sans parler du flux continu de clandestins dont très peu sont expulsés. Une situation intenable dans un pays qui compte 3 à 5 millions de chômeurs, 9 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,4 millions de sans domicile ou de mal-logés…et qui a échoué à intégrer depuis un demi-siècle une population maghrébine estimée à plus de 5 millions de personnes, toutes générations confondues. L’impact sur la sécurité publique est indéniable : selon la préfecture de police citée par le sénateur LR de Paris Pierre Charon, « 45% des personnes mises en cause » dans l’explosion des crimes et délits dans la capitale au premier semestre 2019 sont des immigrés.

Depuis 2015, la plupart des pays européens (Allemagne, Suède, Danemark, Royaume Uni) ont entrepris d’adapter leur politique migratoire à leurs capacités d’accueil. À quand le tour de la France ? L’urgence est absolue alors que la pression démographique ne cesse de monter de l’autre côté de la Méditerranée : d’ici la fin du siècle, la population de l’Afrique passera de 1 à 4 milliards d’habitants.


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